Cette semaine, l’équipe de MYTF1 News s’intéresse aux municipales de Béziers où nous soutenons Robert Ménard

Une semaine en campagne – Episode 7. Cette semaine, la rédaction de MYTF1News s’intéresse à la ville de Béziers, dont le très médiatique Robert Ménard, soutenu par le FN, rêve de s’emparer.

 A Béziers, Robert Ménard, soutenu par le FN, et le député UMP Elie Aboud se livrent une bataille sans merci. Le socialiste Jean-Michel Du Plaa, distancé dans les sondages, n’a pas encore perdu espoir.

« Je ne laisserai pas la ville de Jean Moulin au Front national ». Le candidat UMP à Béziers, Elie Aboud, a beau dire qu’il ne s’intéresse qu’à l’avenir de sa ville et qu’il ne se préoccupe pas de ses adversaires, il semble toutefois résolu à empêcher le très médiatique Robert Menard de prendre les rênes de la commune. En 2012, l’ancien président de Reporters sans frontières décide, à la surprise (presque) générale, de se porter candidat à la mairie de Béziers. Quelques mois plus tard, le FN lui apporte son soutien. Le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la République (DLR), ainsi que le Rassemblement pour la France (RPF), le parti de l’ex-UMP Christian Vanneste, en ont d’ailleurs fait autant.

C’est donc avec Robert Ménard que l’UMP et le PS devront composer les 23 et 30 mars prochain. Et ses chances de l’emporter sont loin d’être dérisoires. Un récent sondage le donnait au premier tour au coude-à-coude avec Elie Aboud, 36% contre 35% en faveur du candidat UMP. Le candidat PS, Jean-Michel Du Plaa, arrivait troisième avec 18% et le candidat du Front de gauche, Aimé Couquet, quatrième à 10%.

Bien que sortant vainqueur au second tour avec 41% des voix selon ce même sondage, Elie Aboud refuse de se considérer comme favori. « Je n’aime pas ce mot. Jacques Chirac disait qu’un bon candidat était un candidat inquiet », répond-t-il quand on l’affuble de ce qualificatif.  »Cela se jouera dans un mouchoir de poche entre Elie Aboud et moi », assure de son côté Robert Ménard, qui pense « gagner in fine ». Un scénario auquel le PS refuse de croire.  »Jean-Michel Du Plaa a des chances importantes car il se démarque des candidats populistes », assure sa porte-parole, Dolorès Roqué, qui ne voit pas elle aussi de vrais favoris dans ce scrutin. Un enthousiasme que le candidat socialiste voudrait bien partager. « En 100 ans à Béziers, il n’y a eu que deux maires de gauche », prend-t-il soin de rappeller.

Robert Ménard « raconte une fiction »

Arrivé sur la pointe des pieds car il ne vient pas du sérail politique, Robert Ménard est désormais pris au sérieux par ses adversaires, car ils ont compris qu’il n’était pas là pour faire de la figuration. Mais ils s’inquiètent surtout du contenu de son programme qu’ils jugent tantôt trop léger, tantôt irréaliste. « Il veut infliger des rappels à l’ordre aux gosses qui traînent dans la rue le soir. C’est un peu court », estime par exemple Dolorès Roqué, qui était scolarisée dans le lycée que Robert Ménard il y a quelques décennies, quand ce dernier militait encore à la LCR.

Elie Aboud, lui, ne décolère pas de voir cet homme flirter avec les paradoxes. « La démagogie a pris le dessus sur la pédagogie. Cet homme raconte une fiction. Mais la schizophrénie a ses limites ». Il faut dire que Robert Ménard cultive parfois les ambiguïtés. Soutenu par le FN dont il n’est pas adhérent, il a aussi refusé de porter l’étiquette Rassemblement Bleu Marine. Une réticence qui n’a pas échappé à Louis Aliot, vice-président du FN. « Robert Ménard prend un peu trop de pincettes avec l’étiquette FN. S’il donnait l’impression de porter l’image malgré lui, il pourrait désarçonner une partie de notre électorat, qui n’aime pas être stigmatisé et apprécie la franchise », déclare  à L’Express.fr ce très proche de Marine Le Pen, qui estime de toute façon que Robert Ménard est « de facto » candidat du Rassemblement Bleu Marine. « Je lui laisse la responsabilité de cette appréciation », répond l’intéressé qui tient quand même à souligner qu’il est d’accord avec  »80% du programme du FN » et qu’il « se sent très bien avec ces militants ».

Couderc contraint de s’effacer

Pour se défendre, Robert Ménard souligne justement qu’il est important de préciser qu’il n’a pas sa carte au FN pour réussir le rassemblement. « Si j’étais le candidat du FN, pensez-vous que Dupont-Aignan et Debout la République m’aurait soutenu », plastronne-t-il, assurant qu’un nouveau parti va d’ailleurs lui apporter son soutien la semaine prochaine.

Elie Aboud s’étonne aussi du récent ralliement d’Anne Schmitt, ancienne deuxième adjointe UMP de Raymond Couderc, à Robert Ménard. « Il veut armer la police municipale. Or, Anne Schmitt, quand elle en était en charge, s’y est toujours opposée », rappelle le candidat UMP. Pour lui, elle est uniquement « obsédée par le fait d’être première adjointe ». Un désaccord qui ne dérange pas outre mesure l’ancien président de Reporters sans frontières. « Certains sur ma liste ne sont pas d’accord avec 100% de mon programme. Et alors! Moi je ne demande qu’une chose, c’est la loyauté », répond-t-il. Jean-Michel Du Plaa, lui, n’a pas été surpris de voir cette ancienne proche de Raymond Couderc déserter. « Couderc s’est essuyé les pieds dessus, son propre camp l’a humiliée, et puis avec Robert Ménard, ils ont quand même des accointances notamment sur la manière dont l’équipe sortante a géré le centre-ville ».

Le centre-ville de Béziers sera d’ailleurs l’un des enjeux majeurs de cette élection municipale. Déserté par les classes moyennes et supérieures, vidé de ses commerces de proximité, il est aujourd’hui à l’abandon. « Nous avions pointé cette dégradation dès 2008, se rappelle Jean-Michel Du Plaa, à tel point que Raymond Couderc a dû renoncer à se représenter pour ne pas faire perdre son camp ».

Elie Aboud est « un marchand de tapis »

Robert Ménard, convaincu que le socialiste Jean-Michel Du Plaa n’a aucune chance de l’emporter, concentre l’essentiel de ses critiques contre Elie Aboud, « un marchand de tapis », qui fait   »une campagne clientéliste » promettant « du boulot à la mairie » à tout le monde. A son tour, le candidat soutenu par le FN, DLR et le RPF met en avant les contradictions d’Elie Aboud, notamment en matière de cumul des mandats. « Un jour, il dit qu’il est contre et démissionne de son poste de 1er adjoint à Béziers quand il est élu député. Mais quand la loi interdisant le cumul a été présentée à l’Assemblée, il a voté contre ».

Les deux hommes seront toutefois d’accord sur une chose : le maire de Béziers doit être à la tête de la communauté d’agglomération. D’abord hostile à cette idée, Robert Ménard dit avoir changé d’avis. S’il est élu, Elie Aboud devra toutefois faire passer la pilule à Raymond Couderc qui, déjà contraint par l’UMP de laisser son fauteuil de maire, n’a pas l’intention de laisser les commandes de l’agglomération. « A terme, le président de l’Agglo ne peut être que le maire de Béziers », prévient le candidat UMP, qui veut cependant ne pas trop précipiter les choses pour préserver Raymond Couderc.

Avec ou sans Couderc ?

Elie Aboud doit d’ailleurs jouer les équilibristes dans cette campagne à l’égard de Raymond Couderc. Longtemps son 1er adjoint, il ne peut qu’assumer le bilan de l’équipe sortante. Or ce bilan n’est guère mirobolant. C’est pourquoi Elie Aboud revendique une forme de rupture. Une rupture, mais dans le respect, car attention, précise-t-il, « ce n’est pas la rupture façon Sarkozy qui avait rompu avec l’homme qu’était Jacques Chirac. Moi, je ne romps pas avec Raymond Couderc, qui sera d’ailleurs présent sur ma liste, mais avec une méthode de travail ».

Une présence de Raymond Couderc incertaine, quoi qu’en dise Elie Aboud, car s’il veut s’assurer du soutien de l’influente conseillère régional Agnès Jullian, il va devoir « débrancher » le maire sortant. Il faut dire qu’une partie non négligeable de la droite biterroise ne veut plus entendre parler de lui. « Agnès Jullian est entouré de gens très compétents, et ils vont m’apporter du sang neuf », indique Elie Aboud, qui considère ce ralliement « en très bonne voie ». « Mais ce n’est pas à elle de me dire qui reste et qui part de ma liste », tient-il à faire savoir.

Article écrit par Michel VERON

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